Voyage en Afrique de Ségolène Royal pour mobiliser sur l’Accord de Paris

Le Caire, Egypte © AFP / KHALED DESOUKI
Le Caire, Egypte © AFP / KHALED DESOUKI

23 Fév Voyage en Afrique de Ségolène Royal pour mobiliser sur l’Accord de Paris

Ségolène Royal, présidente de la COP21 et ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat, se rend en Afrique du 23 au 28 février. Elle fera étape en Egypte, Ethiopie, Côte d’Ivoire, Guinée et Sénégal où elle rencontrera les plus hautes autorités et se rendra sur plusieurs sites de développement d’énergies renouvelables.

Ce déplacement permettra à la Présidence de la COP de :

  • saluer ses interlocuteurs pour leur rôle déterminant en tant participants à la COP21. L’Afrique a en effet joué un rôle crucial dans la réussite des négociations en tant que Groupe et au sein du G77.
  • faire avancer les projets d’accès aux énergies renouvelables et accélérer le déploiement de l’initiative sur les énergies renouvelables en Afrique visant à augmenter la capacité installée du continent en énergies renouvelables de 10 GW d’ici 2020 et de 300 GW d’ici 2030. Cette initiative a été lancée officiellement par les chefs d’État africains à la COP21.
  • rappeler, en tant que présidente de la COP, que l’Afrique doit rester au centre des préoccupations en matière d’adaptation.
  • faire avancer le projet de Grande muraille verte, une vaste zone de verdure d’Est en Ouest du continent qui vise à freiner la désertification et permettre aux populations locales d’enrichir le sol, conserver l’eau et mieux vivre tout en reconstituant un puits de carbone.
  • mobiliser les autorités au plus haut niveau pour la cérémonie de signature le 22 avril, organisée par Ban-Ki moon. Cet événement sera l’occasion d’une mobilisation renouvelée pour la cause climatique et permettra de faire le point sur les actions concrètes décidées à Paris, sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord.

Éléments de programme :

  • Égypte : entretien avec le Président Abdel Fatah al-Sissi, Khalid El Fahmy, ministre de l’Environnement, et Sameh Shoukry, ministre des Affaires étrangères.
  • Éthiopie : entretien avec Haile Mariam Dessalegn, Premier ministre, et visite du plus grand parc éolien d’Afrique subsaharienne.
  • Côte-d’Ivoire : entretien avec Akinwumi Adesina, Président de la Banque africaine de développement.
  • Guinée : entretien avec le Président Alpha Condé.
  • Sénégal : entretien avec le Président Macky Sall et pose de la première pierre d’un projet de production locale d’énergie à partir de panneaux photovoltaïques.

 

Première étape : l’Égypte

« L’Égypte est ma première étape d’une tournée africaine en tant que présidente de la COP, car l’Afrique souffre du dérèglement climatique notamment la sécheresse, la dégradation des sols, la salinisation des terres, l’érosion des côtes, la déforestation, les migrations climatiques. L’Afrique n’est pas responsable de ces catastrophes mais elle les subit. La justice climatique appelle donc une mise en œuvre déterminée et efficace de l’action décidée par le sommet des chefs d’État africains lors de la COP21.

Au cours d’un entretien passionnant, le Président de la République d’Égypte Abdel Fattah Al-Sissi, Président en exercice du Comité des chefs d’État africains sur le changement climatique (CAHOSCC) m’a fait part de son engagement pour le climat en Afrique et de son projet de grande centrale photovoltaïque en Égypte.

Nous avons décidé de travailler à un premier bilan d’étape pour une présentation le 22 avril aux Nations unies. Nous avons constaté que les délais courts appelaient une mobilisation forte et des méthodes simplifiées. J’ai proposé de soutenir la coordination avec la banque africaine de développement que je rencontre demain à Abidjan et avec l’Union africaine que je rencontre aujourd’hui à Addis Abeba.

Une réunion de travail avec M. Khalid El Fahmy, ministre de l’Environnement égyptien et Président en exercice de la Conférence des ministres africains de l’Environnement (AMCEN) et nos équipes a permis de finaliser une méthode et un calendrier.

Je me rends en Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent très durement affecté par la sécheresse, très engagé dans une stratégie climat exemplaire (éolien, solaire, géothermie, hydraulique).

Je visite le parc éolien d’Ashegoda (120 MW) à Mekele avant de rencontrer le Premier ministre Hailemariam Desalegn ».

Lire le reportage du Journal du Dimanche (24.02) : ici.

Deuxième étape : Ethiopie

« L’Éthiopie est un pays dont la quasi-totalité de l’électricité est issue des énergies renouvelables, hydraulique essentiellement, avec un développement de l’éolien. J’ai ainsi visité le parc éolien d’Ashegoda (120 MW) à Mekele, dont la construction a été confiée à l’entreprise française Vergnet appuyée par l’Agence française de développement.

L’Éthiopie, qui a été l’un des premiers pays à soumettre une contribution nationale ambitieuse pour la lutte contre le dérèglement climatique, est très engagée dans la mise en œuvre rapide des engagements de l’Accord de Paris. Ce pays doit faire face actuellement à une grave sécheresse qui l’oblige à un recours accru aux nappes phréatiques et à optimiser l’usage de l’eau dans l’agriculture.

Lors de mon entretien avec le Premier Ministre Hailemariam Dessalegn, j’ai marqué mon soutien en tant que présidente de la COP à l’initiative africaine pour les énergies renouvelables. Nous avons évoqué la gouvernance de cette initiative en insistant sur la nécessité d’avoir des procédures simples et d’identifier les projets qui seraient financés rapidement. J’ai adressé le même message à la Commissaire de l’Union africaine à l’économie rurale et à l’agriculture au siège de l’Organisation.

Le Premier ministre éthiopien a tenu à féliciter la France pour le succès de la COP21 et a confirmé qu’il souhaitait une ratification et une mise en œuvre rapides.

J’ai marqué ma volonté de continuer l’excellente coopération entre nos deux pays pour poursuivre le développement des énergies renouvelables,  en les diversifiant avec l’énergie solaire en milieu rural hors réseau, ainsi que des projets importants en géothermie. M. Hailemariam Dessalegn a confirmé son intention d’investir dans l’ensemble des sources d’énergie renouvelable, dont il a rappelé la forte complémentarité. »

Lire le reportage du Journal du Dimanche (25.02) : ici.

Troisième étape : la Côte d’Ivoire

« Je suis aujourd’hui en Côte d’Ivoire où je rencontrerai le Président Alassane Ouatara. J’ai eu des échanges avec de nombreux représentants de la société civile sur les suites de la CoP21 à mon arrivée en compagnie du ministre ivoirien de l’environnement Rémi Allah Kouadio. J’aurai également un entretien avec le président de la Banque africaine de développement Akinwumi Adesina, après avoir visité le parc national du Banco et des projets d’assainissement et de drainage à Abidjan financés par la France grâce à des remises de dette. »

(MEEM)

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