Carbon Pricing Leadership Council (CPLC) : une coalition internationale pour une tarification mondiale du carbone

La Coalition pour une tarification du carbone a tenu sa première réunion le 14 avril à Washington. © Groupe Banque mondiale/Jeff Martin
La Coalition pour une tarification du carbone a tenu sa première réunion le 14 avril à Washington. © Groupe Banque mondiale/Jeff Martin

28 Avr Carbon Pricing Leadership Council (CPLC) : une coalition internationale pour une tarification mondiale du carbone

Une initiative internationale de haut niveau

La Coalition pour la tarification du carbone (Carbon Pricing Leadership Coalition – CPLC), qui réunit 25 pays et acteurs locaux, dont la France, et plus de 100 entreprises (la liste des membres : ici), a tenu sa première assemblée de haut niveau le 14 avril à Washington, en marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI.

La CPLC est une initiative mondiale rassemblant le secteur public et privé, qui vise à soutenir et à encourager la mise en œuvre de la tarification du carbone dans le monde entier. L’idée de cette coalition a été présentée par la Banque mondiale lors du Sommet sur le climat des Nations Unies à New York en 2014, mais l’initiative a été officiellement lancée durant la COP21 le 30 novembre 2015 (lire le communiqué de presse : ici).

Pourquoi fixer un prix pour le carbone ?

Le prix du carbone est le prix payé pour couvrir l’impact des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur  l’environnement. Fixer un prix pour le carbone, c’est mettre en place un outil efficace pour encourager la transition vers une énergie plus écologique : la production d’énergie à base de sources fossiles, – fortement émettrices de GES – devient ainsi plus chère et donc moins attrayante, ce qui libère des capitaux pour aider à promouvoir des solutions n’émettant pas de carbone.

Aujourd’hui, près de 12% des émissions de carbone sont couverts par un mécanisme de tarification – taxe ou marché d’échange de quotas d’émissions de CO2.

Carte prix du carbone

source : www.worldbank.org

Dans 90 contributions nationales publiées par les pays avant la Conférence de Paris sur le climat, il est prévu d’utiliser le prix du carbone comme un instrument pour atteindre les objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre.

Carte INDC

source : www.ieta.org

L’article 137 de l’Accord de Paris « reconnaît combien il importe de fournir des incitations aux activités de réduction des émissions, s’agissant notamment d’outils tels que les politiques nationales et la tarification du carbone ». L’Accord encourage également les pays à s’entendre sur des règles communes pour utiliser ces instruments de tarification, qui font partie des solutions à disposition des États au même titre que d’autres politiques domestiques.

Promouvoir l’efficacité des politiques de tarification du carbone

L’assemblée de la CPLC, co-présidée par la présidente de la COP Ségolène Royal, a eu pour objectif de poursuivre la dynamique de Paris et de promouvoir les politiques de tarification du carbone pour stopper le réchauffement climatique. À cette occasion, la Présidente de la COP a fait deux propositions :

  • fixer un prix du carbone significatif dans les pays, entreprises ou territoires pour guider les choix d’investissement des entreprises. Ségolène Royal s’est félicitée que 450 entreprises dans le monde ont  aujourd’hui des prix internes du carbone jusqu’à 30 dollars la tonne.
  • soutenir des projets opérationnels de tarification du carbone dans les territoires volontaires, notamment grâce à l’expertise de la Banque mondiale.

Le 21 avril, six chefs d’État et de gouvernement – le président de la République française François Hollande, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la présidente du Chili Michelle Bachelet, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Dessalegn, la chancelière allemande Angela Merkel, et le président du Mexique, Enrique Peña Nieto – ainsi que le gouverneur de la Californie Edmund G. Brown Jr., le maire de Rio de Janeiro Eduardo Paes, de concert avec Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, Christine Lagarde, directrice générale du FMI et Angel Gurría, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques, ainsi que la présidente de la COP Ségolène Royal, tous membres de la CPLC, ont proposé un objectif ambitieux : augmenter la couverture des émissions globales de gaz à effet de serre par des outils de tarification du carbone, avec un doublement d’ici 2020 et un quadruplement d’ici 2030 pour atteindre 50% des émissions mondiales.

Lire le communiqué de presse : ici.

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