Accord de Paris : Laurence Tubiana nommée championne du climat

Laurence Tubiana et le président de la COP21 Laurent Fabius le 12 décembre 2015 au moment de l'adoption de l'accord.
Laurence Tubiana et le président de la COP21 Laurent Fabius le 12 décembre 2015 au moment de l'adoption de l'accord.

29 Jan Accord de Paris : Laurence Tubiana nommée championne du climat

La France a une nouvelle championne pour le climat, une fonction créée par l’Accord de Paris. Elle s’appelle Laurence Tubiana, la négociatrice en chef de l’Accord de Paris qui a largement contribué aux côtés du président de la COP21 Laurent Fabius et de l’équipe de France du climat à la réussite de la Conférence qui s’est tenue à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015.

« J’ai choisi une personnalité qui a joué un rôle efficace et apprécié dans le succès de la Conférence de Paris, et qui dispose de l’expertise, des contacts et de la légitimité nécessaires. » Laurent Fabius a annoncé cette nomination lors de sa cérémonie de vœux au corps diplomatique, vendredi 29 janvier, conformément aux décisions de l’Accord de Paris qui prévoit que le président de la COP21 puisse nommer un « champion » afin d’accélérer le mouvement mondial vers une économie bas carbone. Laurence Tubiana conserve son poste d’ambassadrice en charge des négociations sur les changements climatiques (voir la lettre de mission de Ségolène Royal, présidente de la COP, à Laurence Tubiana).

Quel est le rôle de la « championne » du climat?

Le champion, dont le rôle est présenté dans l’Accord de Paris (décision 122 et 123, voir ci-dessous), devra maintenir la dynamique initiée par l’Accord de Paris.

Parmi ses missions, nous trouvons :

– travailler sur la période 2016-2020. Les engagements des Etats pris dans le cadre de l’Accord de Paris ont été actés pour la période allant de 2020 à 2025 ou, pour certains Etats, de 2020 à 2030. Lors de la Conférence, de nombreux pays ont réclamé des actions qui prennent effet avant cette date. L’urgence est là et nous ne pouvons plus attendre. Laurence Tubiana devra donc inciter les Etats à accélérer leurs actions ou à les anticiper. Il est très important de faire vivre le souffle de Paris.

– l’action des acteurs non étatiques (villes, entreprises, institutions financières…) devra être encouragée et animée par la championne. L’Agenda des solutions (en savoir plus), regroupement de toutes les initiatives de ces acteurs, a pris une place importante lors de la Conférence de Paris. Ils ont été nombreux à s’engager à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre ou à permettre leur baisse.

– un événement « de haut niveau » devrait être organisé en 2016 afin de rassembler tous les acteurs luttant contre les dérèglements climatiques au niveau mondial.

Quels sont les dossiers sur lesquels Laurence Tubiana va se concentrer ?

De façon plus concrète, la mission de Laurence Tubiana sera :

–    de travailler sur les technologies propres afin d’en faire baisser le coût et d’en favoriser l’adoption, en incitant les Etats et les acteurs non étatiques à amplifier leur mobilisation.

–    de démultiplier les actions entreprises par le secteur financier en profitant de la mobilisation de Paris : accroissement du mouvement de désinvestissement dans les énergies fossiles au travers de la gestion des portefeuilles des investisseurs institutionnels, prise en compte du risque carbone dans l’évaluation du risque des portefeuilles, développement des nouveaux instruments financiers.

Jusqu’à quand durera cette mission ?

La nomination de Laurence Tubiana au poste de « championne » prend effet immédiatement. Son mandat se terminera en novembre 2016, à la fin de la COP22 organisée à Marrakech (Maroc).  Les Marocains désigneront prochainement leur « champion » pour le climat dont le mandat se terminera en novembre 2017, à la fin de la COP23.

Lire son entretien dans le quotidien La Dépêche du Midi (3 février 2015) : ici

Extrait :

« En quoi consiste votre nouvelle mission  ?
J’ai été nommée « championne de haut niveau » par Laurent Fabius jusqu’à la fin de la COP 22. C’est un rôle nouveau, créé par les décisions de la COP 21. Je vais avoir un rôle d’animation et de plaidoyer sur le climat, pour faire avancer les grandes initiatives et engagements qui ont été pris. Le but est d’entretenir, dans la durée, la dynamique d’action lancée à Paris. Je crois beaucoup à la théorie des prophéties auto réalisatrices : si l’on pense qu’une chose va se produire et qu’on agit en conséquence, elle arrive. Grâce à l’accord de Paris, les énergies renouvelables vont se développer, la coopération dans les technologies propres va s’accélérer… C’est excitant : tout est encore à construire ! »

Laurence Tubiana : « L’Accord de Paris va au-delà de ce que j’espérais » (gouvernement.fr)

Bio express

1951 : naissance à Oran, en Algérie.

1976 : après Sciences Po et un doctorat d’économie, elle entre à l’Inra comme assistante de recherche et y sera nommée directrice de recherche en 1995.

1980 : création de l’ONG Solagral.

1998 : conseillère environnement du Premier ministre Lionel Jospin jusqu’en 2002.

2002 : création de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

2004 : directrice de la chaire de Développement durable de Sciences-Po.

2009 : directrice des biens publics mondiaux au ministère des Affaires étrangères ; participation au sommet de Copenhague.

2013 : présidente du conseil d’administration de l’Agence française de développement (AFD).

Juin 2014 : ambassadrice chargée des négociations sur les changements climatiques, représentante spéciale pour la COP21.

Lire son portrait dans le quotidien La Croix (16 octobre 2015) : ici.

 

Ce que l’Accord dit :

Partie IV sur « Action renforcée avant 2020» aux paragraphes :
122
. Décide que deux champions de haut niveau seront nommés afin d’agir pour le compte de la Présidence de la Conférence des Parties pour faciliter par une participation renforcée de haut niveau pendant la période 2016-2020 l’exécution efficace des activités actuelles et l’intensification et l’introduction d’activités, d’initiatives et de coalitions volontaires, nouvelles ou renforcées, notamment en :
a) Collaborant avec le Secrétaire exécutif et avec le Président en fonction de la Conférence des Parties et son successeur pour coordonner la réunion annuelle de haut niveau dont il est question au paragraphe 121 ci-dessus ;
b) Collaborant avec les Parties et les entités non parties intéressées, notamment afin de donner suite aux initiatives volontaires du Programme d’action Lima-Paris ;
c) Donnant des directives au secrétariat au sujet de l’organisation des réunions techniques d’experts dont il est question à l’alinéa a) du paragraphe 112 ci-dessus et à l’alinéa a) du paragraphe 130 ci-après ;

123. Décide aussi que les champions de haut niveau visés au paragraphe 122 ci-dessus devraient normalement avoir chacun un mandat de deux ans qui, pendant une année complète, se chevaucherait avec celui de l’autre, afin d’assurer la continuité comme suit :
a) Le Président de la Conférence des Parties à sa vingt et unième session devrait nommer un champion pour un mandat d’un an qui commencerait le jour de sa nomination et irait jusqu’au dernier jour de la vingt-deuxième session de la Conférence des Parties ;
b) Le Président de la Conférence des Parties à sa vingt-deuxième session devrait nommer un champion pour un mandat de deux ans qui commencerait le jour de sa nomination et irait jusqu’au dernier jour de la vingt-troisième session de la Conférence des Parties (novembre 2017) ;
c) Ensuite, chaque Président suivant de la Conférence des Parties devrait nommer un champion pour deux ans qui succéderait au champion précédent dont le mandat se serait achevé ;

124. Invite toutes les Parties intéressées et les organisations compétentes à appuyer les activités des champions ;

112. L’Accord de Paris charge le Secrétariat d’organiser le processus visé au paragraphe 110 ci-dessus et d’en diffuser les résultats, notamment en rédigeant, en consultation avec les champions dont il est question au paragraphe 122 ci-après, un résumé à l’intention des décideurs qui contient des informations sur des politiques, pratiques et mesures précises représentant les meilleures pratiques et susceptibles d’être amplifiées et reproduites, et des solutions envisageables pour soutenir leur mise en oeuvre, ainsi que des initiatives de collaboration intéressantes, et en publiant le résumé au moins deux mois avant chaque session de la Conférence des Parties, afin qu’il serve de contribution à la réunion de haut niveau visée au paragraphe 121 ci-après.

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