À quoi servent les coalitions de pays ?

Séance en plénière lors de la dernière session de négociations à Bonn (Allemagne), du 19 au 23 octobre 2015.
Séance en plénière lors de la dernière session de négociations à Bonn (Allemagne), du 19 au 23 octobre 2015.

03 Déc À quoi servent les coalitions de pays ?

La géographie climatique expliquée : les coalitions de pays

Chaque partie est représentée aux sessions de la Convention par une délégation nationale chargée de négocier au nom de son gouvernement. Même si le modèle onusien suit le principe d’« un pays, une voix », chaque pays, outre son groupe régional (au nombre de cinq : Afrique ; Asie et région du Pacifique ; Europe de l’Est et Europe centrale ; Amérique latine et Caraïbes ; Europe de l’Ouest et autres), appartient également à une ou parfois plusieurs coalitions.

  • Union européenne (UE)

L’Union européenne est elle-même une Partie à la Convention et au Protocole de Kyoto. Avec les 28 États membres, elle parle d’une seule voix lors des négociations climatiques. La présidence en 2015 est assurée par la Lettonie puis par le Luxembourg.

  • Groupe de l’Ombrelle

Le Groupe de l’Ombrelle constitue une coalition flexible de pays développés qui ne font pas partie de l’Union européenne et qui s’est formée dans le contexte des négociations sur les changements climatiques. Le groupe Parapluie s’est toujours positionné contre un prolongement du protocole de Kyoto. Bien qu’informel, il rassemble habituellement l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Fédération russe, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l’Ukraine et l’Islande. Ce groupe n’a pas de présidence officielle

  • Groupe de l’Intégrité environnementale (GIE)

Le GIE a été formé en 2000 par des membres de l’OCDE qui n’adhéraient pas aux positions adoptées par le groupe de l’Ombrelle, à savoir la Suisse, le Mexique et la Corée du Sud, qui ont ensuite été rejoint par Monaco et le Liechtenstein. Ce groupe n’a pas de présidence officielle.

  • Groupe des 77 et de la Chine (G77+Chine)

Le G77+Chine est composé de 133 pays en développement et de la Chine, celle-ci étant un membre associé plutôt qu’un membre à part entière, elle conserve sa singularité (d’où le « + »).
Ce groupe porte ce nom parce qu’il rassemblait 77 pays lors de sa création en 1964.

Lors des négociations sur les changements climatiques, les pays membres du G77+Chine adoptent parfois des positions divergentes, qu’ils défendent alors par le biais d’une autre coalition de négociation ou d’un groupe régional. La présidence en 2015 est assurée par l’Afrique du Sud et son ambassadrice Nozipho Mxakato-Diseko.
Aujourd’hui, ce bloc représente près de 80 % de la population mondiale.
Ces pays en voie de développement ont donc créé de nombreux petits groupes plus homogènes (AOSIS, PMA…).

Ambiance EGC

Au sein du Groupe des 77 et de la Chine (G77+Chine) :

– Le BASIC est un groupe de pays émergents formé par le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine. Il a été fondé en novembre 2009 pour définir une position commune avant la conférence de Copenhague.

– Le Groupe arabe comprend 21 parties dont l’économie dépend largement du secteur de l’énergie fossile, surtout pétrolier. Ils insistent régulièrement sur le besoin de prendre en considération les impacts négatifs potentiels des actions de lutte contre le dérèglement climatique sur leur économie. Ses membres s’associent le plus souvent au G77+Chine ou au groupe des LMDC, auquel appartiennent également l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït ou le Qatar. Le groupe n’est pas formellement présidé par l’un de ses membres mais l’Arabie saoudite y joue un rôle clef.

– L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) est à l’origine une organisation politique, sociale et économique qui vise à promouvoir la coopération dans ces domaines entre certains pays de l’Amérique latine et des Caraïbes et à fournir une alternative à la zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis. L’ALBA constitue aussi, depuis 2010, une coalition de négociation avec un noyau de 11 pays dont le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua et Antigua-et-Barbuda. Ce groupe n’a pas de présidence officielle.

– L’Association indépendante d’Amérique latine et des Caraïbes (AILAC) a été créée à la suite de la COP de Doha en 2012 pour donner une nouvelle impulsion aux négociations. L’AILAC s’est détachée de l’ALBA en développant des positions plus centristes. Elle réunit 7 pays – Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Panama, Paraguay et Pérou. La présidence en 2015 est assurée par le Chili pour le premier semestre puis par le Guatemala ou le Pérou.

– Les pays de l’Alliance des petits États insulaires (APEID et AOSIS en anglais) ont en commun leur grande vulnérabilité face aux changements climatiques, notamment la hausse du niveau de la mer. L’APEID fondée en 1990, est une coalition de 43 pays à faible élévation côtière et de petites îles (1% de la population mondiale), particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer. C’est l’ensemble des pays en première ligne face aux effets du changement climatique : Maldives, Haïti, Kiribati, Tuvalu… La présidence en 2015 est assurée par les Maldives.

– Le Groupe Afrique rassemble 54 pays du continent africain et fonctionne comme une véritable coalition s’exprimant régulièrement sur des sujets d’intérêt commun, comme l’adaptation, le transfert de capacités ou le financement. La présidence en 2015 est assurée par le Soudan. Les pays du groupe sont assez hétérogènes, et le Groupe Afrique se composant à la fois de PMA et de pays pétroliers ou charbonniers.

– Le groupe des Pays les moins avancés (PMA) comporte 48 pays en développement parmi les moins avancés (34 en Afrique, 13 en Asie et un dans les Caraïbes). Ces pays très peu émetteurs, défendent en commun leurs intérêts au sein des Nations unies, notamment en raison de leur grande vulnérabilité au dérèglement climatique et le besoin de recevoir des financements pour s’y adapter. La présidence en 2015 est assurée par l’Angola.

– La Coalition des États à forêts tropicales a pour but de faire reconnaître les efforts réalisés par les pays situés dans les bassins forestiers pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation. Cette coalition inclut 40 pays issus des grands bassins forestiers : Afrique centrale, Asie du Sud-Est et Amazonie. La présidence en 2015 est assurée par le Panama.

– Le groupe des Pays en développement homodoxes sur le climat (LMDC pour Like Minded Developing Countries on Climate Change) est une coalition spontanée de 24 pays qui s’est créée durant la session de Bonn sur les changements climatiques de mai 2012. Elle fait partie du G77+Chine et vise à renforcer et unifier ce groupe. Elle est composée de plusieurs pays du monde arabe, de l’Inde, de la Chine, de plusieurs économies émergentes d’Asie et de certaines Parties actives de l’Amérique du Sud, notamment le Venezuela, la Bolivie et Cuba. Ce groupe qui rassemble plus de la moitié de la population mondiale n’a pas de présidence officielle mais le porte-parolat est ass

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